Dis Siri, c’est qui Simon Leclercq ? – MiNT
Écouter

Dis Siri, c’est qui Simon Leclercq ?

C’est l’histoire d’un mec qui a été recalé une dizaine de fois à des castings. Et qui a cru en lui. Et le temps a fait son travail. Et le travail a payé. Désormais, il détend l’atmosphère du paysager entre 15 et 19h toute la semaine sur MiNT. On fait connaissance avec lui.

Dans les couloirs, dans les ascenseurs, à la cantine : Simon fait l’unanimité autour de lui. C’est un garçon prévenant et poli. Avec des bonnes manières. Avec des airs de peluche gênée d’être là, qui ne veut déranger personne et qui ne regarde jamais l’écran de son smartphone quand on lui parle. C’est un garçon discipliné, sans doute parce que, s’il ne l’était pas, la débauche le déborderait. C’est surtout un esprit curieux et vif.  Un amateur de musique qui ne joue pas. Un obsédé des mots justes. Avec autant d’humour que d’humilité.

On écoute quoi en faisant connaissance, Simon ?

« Je vais dire Radiohead pour l’univers. Cela va me rappeler mon Erasmus en Écosse. Pourquoi Radiohead ? Parce que c’est une sorte d’expérimentation perpétuelle. Mon préféré, avec OK Computer, c’est Fake Plastic Trees. »

Un contenu provenant de YouTube a été intégrée à cet endroit.Vous devez accepter les cookies de réseaux sociaux pour afficher ce contenu.

La radio, ta maman nous a raconté que tu étais tombé dedans quand tu étais petit.

« Oui, alors j’avais des goûts assez divers et variés et parfois même, avec le recul, je me dis que je ne devrais pas dire ça. On écoutait la radio dans la voiture sur le chemin de l’école. Jean-Jacques Brunin, Philippe Delmelle, Denis Collard sur Fréquence Wallonie Namur. J’ai souvent été déçu. Moi j’écoutais FM Dinant et je voulais devenir animateur là. C’était – genre – un objectif.  Puis j’ai forcément pris le train de la génération Max Radio Libre et Arthur le Roi de la Radio. J’écoutais ça tous les jours. La liberté de ton me fascinait. »

Mais tu es devenu… prof.

« Oui, finalement, j’ai eu tellement peur de me lancer que je suis resté puceau du micro jusqu’à 25 ans. Mais je suis comme ça. Je réfléchis trop et trop longtemps. Via des connaissances, j’ai appris l’existence d’une webradio gérée par Princesse Erika. Ce que je ne savais pas, c’est que ce n’était pas Princesse Erika la chanteuse, mais bien Erika, la princesse de l’accordéon. La radio, c’était Musicadéon et j’aurais dû me méfier, une sorte de spin-off de Radio Chevauchoir. Bon, je me suis dit : pourquoi pas ? Entre deux morceaux de chanson française dans son acception la plus désuette, j’animais une émission de rock. J’avais carte blanche. Je m’occupais de tout. L’émission s’appelait Rockasimon. J’avais même réalisé des jingles. Plus fort que le Rock à Billy, Rock à Simon. »

Et donc, recalé une dizaine de fois. La lose totale. En même temps, vu le passif…

« C’est ça. Je ne sais pas pourquoi, je passe le casting du retour de MiNT en 2016 et c’est là où tout commence. Et bon, aujourd’hui, je savoure. Surtout vu la période actuelle, qui est une période de mutation du médium sur plein de canaux de communication. L’animateur radio devient le pilier de la différence entre une radio et une plateforme. Et cette différence est humaine. Un animateur ne doit pas être lisse et machinal, il doit affirmer sa personnalité. J’ajouterais : être vrai, ne pas tricher. L’auditeur n’est pas dupe. »

On dirait Michel Drucker ! Sinon, en dehors de la musique et des cours, tu fais quoi ?

« Je ne lis pas énormément ou alors il faut que ce soit avec un objectif. Comme certains couchent utile, moi je lis des livres utiles. Sur la psychologie, l’estime de soi. J’avoue que ça m’a aidé avec les filles. Sans commentaire. Sinon, j’ai fait du stand up et j’anime des blind tests. On appelle ça le Buzz Leclercq. J’ai toujours été super doué pour les punchlines et le marketing, comme tu peux le voir. »

Certains ont parlé de toi comme du prochain Bouli Lanners. Producteur de cinéma en plus, non ?

« C’est monstrueux de me faire ça ! Oui, avec des potes ardennais, on a créé un collectif : Safari Lux Productions. On s’amuse en créant des vidéos, dans l’univers de Strip Tease et Groland, qui sont mes émissions cultes. On n’a pas d’autre ambition que de se marrer, avec un budget ridicule. Le fait de rameuter des copains autour d’un projet commun, ça c’est très agréable. De là à me comparer à Bouli… »

Tu pleures en écoutant Roch Voisine ?

« Non, mais j’ai la larme facile devant un film. En général, pourtant, je me blinde pas mal dans la vie réelle. Quand le tigre Diego meurt dans l’Âge de Glace, c’est le déluge. Problème : j’avais 23 ans quand je l’ai vu pour la première fois. Ma famille n’a pas oublié cet épisode mémorable de honte post-adolescente. Mais pour être un poil plus sérieux, « La vita è bella » avec Benigni, ça ça m’a fait vachement pleurer. Enfin pas tout de suite. Dans mon lit, juste après avoir éteint. »

Donc pas d’addiction connue, je suppose… Rien de super croustillant ?

« Non, j’ai de la chance. Je ne suis pas de nature addictive. Maintenant que j’y pense, si, une sieste de 20 à 25 minutes maximum. J’ai du mal à m’en passer et je suis convaincu que cela conditionne à la fois ma fraîcheur et ma rentabilité sur une journée. »

On écoute Simon du lundi au vendredi de 15 à 19h dans le Drive In de MiNT.

Cédric Godart

Écouter