Des centaines de milliers d’enregistrements perdus à jamais: les dessous de l’incendie aux Universal Studios en 2008 | MiNT Des centaines de milliers d’enregistrements perdus à jamais: les dessous de l’incendie aux Universal Studios en 2008 – MiNT
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Des centaines de milliers d’enregistrements perdus à jamais: les dessous de l’incendie aux Universal Studios en 2008

« The Day the Music Burned », titre cette semaine le New York Times. Le plus grand désastre de l’industrie de la musique est arrivé en 2008 lors d’un incendie à Santa Monica. Onze ans plus tard, on peut en mesurer les conséquences. On vous résume la situation.

Flashback. Nous sommes le 1er juin 2008. Le monde du divertissement et l’Amérique entière retiennent leur souffle. Les studios Universal sont le théâtre d’un incendie de grande ampleur. Les chaînes locales et nationales sont sur place, dont ABC 7.

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L’incendie touche, ce jour-là, le principal entrepôt où sont conservés les masters (les enregistrements originaux) des artistes signés par Universal (et à partir desquels sont réalisées les copies).  Par essence, un master est un objet unique, comparable au négatif d’une photographie.  Ce qu’on ignore alors, c’est que la quasi-totalité des enregistrements réalisés depuis les années 40 viennent de partir en fumée. Une information qu’Universal Music Group va tenter de dissimuler durant de nombreuses années, insistant sur les efforts de numérisation déjà entrepris.

Une image de l’ampleur des dégâts :

NY Times (c) Kevork Djansezian/Associated Press

L’accusation (grave) du New York Times

Dans son article du mardi 11 juin, le New York Times n’y va pas par quatre chemins et accuse : au feu les bandes sonores originales de 500 mille titres. Quelques noms ? Nirvana, Tom Petty, Louis Armstrong, Elton John, R.E.M, Aretha Franklin, Nine Inch Nails, Hole. On s’arrête là ?

Stupéfaction du côté du groupe américain REM, parmi beaucoup d’autres.

Le bassiste de Nirvana, Krist Novoselic, a répondu à un fan qui s’inquiétait du sort des masters de l’album « Nevermind ». Il répond : « Je pense qu’ils ont disparu, pour toujours. »

Pas un mot sur le fil Twitter officiel d’Universal. Bien obligée de réagir,  l’entreprise reconnaît la perte, mais tente de minimiser son impact : l’incident était certes « regrettable« , mais n’a jamais « affecté la disponibilité de la musique ou lésé financièrement des artistes« .

Lésé des artistes ? Le problème n’est pas celui-là et le New York Times ne décolère pas, sous la plume de Jody Rosen :

« The result is a crisis, a slow-motion assault on our musical heritage that is poorly understood by many within the record industry. (…) Had a loss of comparable magnitude to the Universal fire occurred at a different cultural institution — say, the Metropolitan Museum of Art — there might have been wider awareness of the event, perhaps some form of accountability. (…) Recorded music is arguably America’s great artistic patrimony, our supreme gift to world culture. How should it be safeguarded? And by whom?« 

Nous traduisons pour vous : « Le résultat est une catastrophe. Une attaque contre notre héritage musical, à la fois mal compris et minimisé par l’industrie du disque. Si une perte comparable s’était produite dans une institution culturelle différente – le Metropolitan Museum of Art par exemple -, il y aurait probablement eu une prise de conscience plus forte. Et surtout une forme de responsabilisation ! La musique enregistrée fait indéniablement partie du patrimoine artistique américaine, c’est notre contribution à la culture mondiale. Comment doit-elle être sauvegardée ? Et par qui ? »

Reportage de la chaîne KTLA ce mercredi 12 juin

La journaliste qui avait couvert l’incendie en 2008 revient sur les lieux.

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Sylvie DegrelleCédric Godart

 

 

 

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