Avec Cédric Godart, nous avons pris un Mumm Napa | MiNT Avec Cédric Godart, nous avons pris un Mumm Napa – MiNT
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Avec Cédric Godart, nous avons pris un Mumm Napa

Animateur, journaliste, copywriter : les cordes ne manquent pas à l’arc de Cédric Godart, amoureux des mots et de la radio. Portrait d’un grand timide que la vie a gâté et (un peu) écorché. Rencontre avec une voix emblématique de MiNT, autour de bulles rosées californiennes.

« Always be humble and kind » : la signature courriel de Cédric Godart (empruntée au chanteur de country Tim Mc Graw) en dit long sur la personnalité de l’individu, dont on m’a chargé de brosser le portrait. D’abord parce que la citation est rédigée en anglais (nous y reviendrons) et puis, parce que celui qui est devenu mon voisin de bureau incarne la bienveillance.

Étymologiquement, la racine galloise « Cedrych » (Cédric) se traduit d’ailleurs par « modèle de bonté ».

Naissance en 1976, au bord de la Vallée du Geer

Houtain-Saint-Siméon : les fées ont gravi les collines de la région liégeoise. Elles ont trouvé le berceau de Cédric pour lui donner une voix et un regard espiègles, une dose d’impertinence et… un Bescherelle. Tout petit déjà, il voulait devenir animateur radio.

Le petit village perché sur les hauteurs d’Oupeye accueille une radio locale. À 8 ans, Cédric pousse la porte d’un studio pour la première fois et participe à une émission pour enfants. De cette expérience naîtra une vocation. A 15 ans, il devient assistant à Equinoxe, une radio liégeoise (où il croise Michael Pachen, aujourd’hui sur Bel RTL). Un samedi matin, en l’absence d’un animateur, pris d’une soudaine pulsion, il allume le micro sans l’autorisation de la direction et il se met à jouer à l’animateur pour de vrai. L’adolescent cow-boy prend un savon, mais se fait engager… le samedi suivant.

25 ans de carrière en radio

Cédric Godart cultive son jardin secret comme ses graines germées, avec soin. Loquace lorsque la lumière du studio rougit, il se fait plus discret une fois le micro éteint. Cédric n’aime pas parler pour ne rien dire. Depuis ses premiers pas en radio il y a 25 ans, il a connu les studios de Top FM à Liège, Europe 2 à Liège, puis à Bruxelles, Nostalgie Belgique, Bruxelles-Capitale, Viva Bruxelles, MiNT, Pure FM et la Première, dont il fut correspondant en Californie.

En 2016, Vianney ‘t Kint, directeur de MiNT, lui propose de remonter à bord du paquebot. Surprise totale pour lui. « Je suis généralement d’avis qu’on ne vit pas bien en composant avec des fantômes du passé ou des revenants. » Il se laisse convaincre. Sans broncher. Sans (beaucoup) réfléchir. Le jour-même : « Le moment où les planètes s’alignent, où on n’attend rien de la vie, un truc qui se répète depuis que je suis petit, le concours des circonstances, un truc qui est plus puissant que l’instinct encore et qui est de l’ordre de l’intuition. »

Que pense Cédric de la deuxième version de MiNT ? « Cette nouvelle mouture est plus adulte et expérimentale à la fois. Le produit me convient aujourd’hui parfaitement. Musicalement déjà. Ai-je l’âge de l’écouter et de la fabriquer ? On me laisse carte blanche. On accueille des entrepreneurs, ce qui est devenu une passion pour moi, une 2e nature. Et puis j’ai même appris à faire du golf avec mon boss, la vie est belle ! »

L’animateur a retrouvé son ancienne comparse de route, Sylvie Degrelle, avec laquelle il officie du lundi au vendredi entre 10h et 12h.  En dehors des studios, il est également copywriter freelance et journaliste.

Celui qui inspire aujourd’hui une certaine génération d’animateurs radio a aussi ses mentors. Il cite Soda sur Radio 21 pour « sa voix, son style, les mots qu’elle employait. » Stéphane Soumier, le journaliste vedette de BFM Business, « parce qu’il parle de l’économie avec un enthousiasme d’adolescent. » Et George Lang, « parce que WCountry sur RTL, c’était un peu mon rêve américain à moi aussi » : l’American Dream, parlons-en.

Pour lui, le « rêve américain » (il dit expérience, car « rêve est galvaudé ») a duré presque quatre années. Expérience passionnante et compliquée, puisqu’il a fallu rentrer : « La blessure s’est refermée après quelques mois, mais elle me réveille parfois la nuit. » Par crainte de travestir ou romancer sa réalité, je vous renvoie à son blog « Et si c’était à refaire (chronique d’un impatrié) ».

La citation choisie

Une phrase de Pascal Sevran, le premier écrivain qu’il a interviewé et avec lequel il a noué une relation (d’abord épistolaire et puis une amitié), le guide depuis plusieurs années :

« Prendre les mains qui se tendent.
Ne pas courir après ceux qui s’en vont.
Il n’y a pas de meilleure attitude possible.
»

La playlist pop rock de Cédric

Une playlist qu’il lui est compliqué de réduire à « si peu de titres, mais bon, on se lance… » :

  • William Fitzsimmons « Centralia »
  • Etienne Daho « La peau dure »
  • Hugo Barriol « On the Road »

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Un croqueur d’infos

En dehors de ses obsessions linguistiques, Cédric consomme l’information partout et tout le temps : « Quand je ne regarde pas les journaux, les chaînes d’info en continu – économiques, notamment –  et mes séries à la salle de sport, je suis drogué à France 5 et ARTE.  Je regarde C dans l’Air au moins 3 fois par semaine depuis une bonne dizaine d’années. J’adore Échappées belles, j’ai un carnet de voyage pour plusieurs vies. Les seuls moments où je me pose des questions en regardant cette chaîne, c’est quand je tombe sur des pubs pour des monte-escaliers. J’avoue que je rate rarement le 28 minutes d’Elisabeth Quin et le journal d’ARTE, le seul qui regarde… autour de son nombril.»

Là où il nous emmènera

Forcément, lorsqu’on lui demande de partager un coin de la terre qui lui est cher, il cite « Russian Gulch», un lieu situé à une heure de route, au Nord de San Francisco : « Je me suis retrouvé seul au volant de ma bagnole allemande bleue qui me manque. Je me suis arrêté et j’ai vu le plus beau paysage de toute mon existence. Quelque chose d’irréel. Des falaises. Un brouillard léger qui était comme du coton. Si j’avais voulu finir mes jours sur un coup de tête, c’eût été à cet endroit précis à ce moment précis. J’ai pris une photo. Elle me hante toujours. »

En attendant ? La Californie est réputée pour ses vignobles et Cédric nous a apporté un nectar, un Mumm Napa. « C’est un Champagne rosé, mais on ne peut pas dire Champagne, alors disons que ce sont des bulles rosées. » Peu importe l’appellation contrôlée, enivrons-nous. À la tienne Cédric, à MiNT… et à l’imprévisible vie.

Jessica NIBELLE

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