Votre bon vieux jean délavé a 40 ans – MiNT
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Votre bon vieux jean délavé a 40 ans

Furieusement in, honteusement out, puis ravivé par la flamme du vintage : demain ne meurt jamais pour ce bon vieux jean délavé (stonewashed, pour les initiés). De Reagan à Nick Kamen, de la série Friends à Birkin, retour sur un mythe. Toujours in? On a demandé à Didier Vervaeren son avis.

La légende raconte que c’est Donald Freeland, un employé de la Great Western Garment Company, qui a inventé le concept au beau milieu des années 50 (une entreprise rachetée en 1965 par Levi Strauss & Co). Pourtant, tout le monde s’accorde à dire que la technique a été mise au point et industrialisée pour la première fois par Marithé Bachellerie et François Girbaud dans le courant des années 70.  C’est donc bien… une invention française.

Le premier jean délavé daterait d’ailleurs de l’année 1978, nous fêtons donc plus ou moins officiellement… ses 40 ans.

Simple ? Pas vraiment, pour y arriver, Marithé + François Girbaud ont utilisé une technique particulière, désormais connue sous le nom de « stonewash » : elle consistait à bombarder le tissu de petites pierres ponces. Ces pierres, très poreuses, sont des roches volcaniques de faible densité, ce qui leur permet de flotter à la surface de l’eau.

Par opposition au jean brut, le jean délavé a été traité pour donner l’illusion d’avoir été usé par le temps. Un procédé, il va sans dire, totalement décrié et moqué par les puristes.

D’ailleurs, ils ne sont pas les seuls à l’avoir contesté. L’immense succès du jean délavé dans la fin des années 70 s’est heurté aux limites de l’importation massive de pierre ponce d’Italie, de Grèce et de Turquie. Pour y remédier (et répondre à la demande du marché US), une extraction intensive de pierre ponce a été lancée en Californie, en Arizona et au Nouveau-Mexique, s’attirant les foudres des écologistes américains. Avant que l’acide soit mis à contribution plus tard, dans les années 80, alors que les punks s’emparaient du concept pour le pousser à sa forme la plus radicale.

In ou out ? L’avis de Didier Vervaeren

Il était le premier invité de nos rendez-vous filmés début 2018, Didier Vervaeren, le fashion guru belge, nous livre son avis sur cette délicate question depuis Berlin : peut-on encore le porter aujourd’hui sans passer pour un cow-boy ou un 80-ard attardé ? Mais pour la forme, besoin d’une confirmation. C’est donc bien une invention française ? Didier Vervaeren : « Oui, même si c’est l’Italie qui, selon moi, reste LE pays du jean. Aujourd’hui, pour la petite histoire, c’est Amsterdam qui est devenue la plateforme internationale du genre. Tous les bureaux d’innovation technologique sur la matière (pas le produit fini, je précise) sont là. C’est un peu devenu la Silicon Valley du denim. »

Bon alors, il est resté in, le jean délavé ? « Pour moi oui. C’est un style qui tient toujours bien la route. D’ailleurs, quand occasionnellement je porte du jean, c’est du délavé effiloché en bas. Avec une chemise d’homme en coton bien classique, bien coupée et bleu ciel. »

Ses adeptes

Toutes catégories confondues : Madonna,  les acteurs de la série Friends, ceux de Beverly Hills 90210 (première époque).

Et puis le clan Gainsbourg : Jane, Serge, Charlotte. Dans un autre registre, Ronald Reagan. Adepte de la première heure, dit-on.

Oui, ce bon vieux Nick, on sait !

Souvenez-vous de cette publicité Levi’s qui, en 1985, a totalement captivé les téléspectateurs pour la sortie du nouveau 501. Une pub « cultissime » featuring Nick Kamen, un chanteur et mannequin britannique, pour ceux et celles qui ont oublié ou refoulé son nom.

C.G.

 

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