Winamp revient (parmi les siens) – MiNT
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Winamp revient (parmi les siens)

La résurrection de Winamp n’est plus qu’une question de mois, selon son propriétaire Radionomy.  L’avenir est au mobile, au cloud et à un logiciel multimédia à tout faire. Sursaut d’orgueil ou nouveau départ ?

C’est un temps que les moins de 35 ans ne peuvent pas connaître. Celui d’un logiciel culte dessiné par un Américain, un Russe et un Italien : Winamp, le lecteur de musique légendaire créé par Nullsoft puis racheté par AOL a connu le même destin que Netscape : il est tombé dans l’oubli trop vite, trop tôt, injustement et dans l’indifférence générale (n’en déplaise).

Capable de lire la plupart des formats audio et vidéo, il s’est pourtant très tôt imposé par son ouverture, notamment aux radios (Shoutcast) et aux extensions par le biais de greffons. Seulement voilà, en 2013, son heureux acquéreur AOL n’y croit déjà plus ; il annonce la fermeture du site et la fin du développement du logiciel.  En novembre de la même année, Microsoft se montre intéressé, mais passe son tour, jusqu’en janvier 2014 où Winamp tombe dans les mains inattendues de Radionomy, une entreprise belge. C’est depuis ce moment que les fans attendent une révision majeure. Elle n’a jamais été aussi proche (et nébuleuse à la fois).

Rendez-vous en 2019

Alexandre Saboundjian, CEO de Radionomy (depuis lors dans les mains de Vivendi), s’est enfin exprimé et il a choisi de le faire via Techcrunch. Comme un joli pied de nez à l’histoire : le magazine appartient en effet au groupe qui détient la marque AOL.  Qu’apprend-on exactement dans cette entrevue ? Que la bataille des ordinateurs de bureau n’est plus vraiment à l’ordre du jour : Winamp ne peut plus faire le poids face à iTunes (entendez Apple Music), Spotify, Deezer, Quobuz et les autres. Pas question non plus d’en faire un logiciel open source (ce qui a permis à Netscape de devenir Mozilla puis Firefox).

L’avenir est au mobile et il y aurait de la place pour un lecteur universel, comme le souligne Saboundjian : « Ce que je constate aujourd’hui, c’est qu’il faut passer d’un lecteur à l’autre pour écouter sa musique, la radio ou les podcasts. Ce n’est pas une fatalité. » C’est oublier  que nombre d’applications, dont iTunes et Spotify, s’ouvrent depuis longtemps aux radios, aux podcasts et même à la vidéo. Mais peu importe : il resterait une base solide d’utilisateurs (estimés à plusieurs dizaines de millions) d’adeptes et Winamp peut encore capitaliser sur sa réputation.

Winamp entend faire la synthèse entre la musique stockée en local, celle stockée sur le cloud (public ou privé), les radios et les podcasts. Voilà le message que tente de faire passer l’entreprise belge Radionomy.

Vous n’avez toujours pas digéré l’agonie de Winamp ? Un peu de patience.
Oui, mais quand ? Début 2019. D’abord sur le mobile (Android, iOS). Ensuite sur votre ordinateur (Windows, macOS X).
En attendant, une version 5.8 en fuite (vraiment?) a vu le jour en cette fin de semaine via le site officiel.

Cédric Godart

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