Les lieux du crime S01E01 : Didier Vervaeren – MiNT
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Les lieux du crime S01E01 : Didier Vervaeren

Rencontre avec l’un des (trop rares) gourous bruxellois de la mode, un personnage attachant et pétri de belgitude, qui craint le soleil et le prêt-à-penser, derrière les vitres teintées de ses emblématiques lunettes noires. Direction la Cambre à Bruxelles. — Les lieux du crime, saison 1, épisode 1, section modes et travaux.

Vu à la télé – moteur !

« Que nos vies aient l’air d’un film parfait. » – Lio

Didier Vervaeren : modus operandi
par Cédric Godart

La mode m’intimide. Comme l’opéra et les échecs.  Je m’y intéresse pourtant, comme on s’intéresse aux jolis meubles, à la fabrication de la musique, à la littérature ou aux variations des indices boursiers. J’ai longtemps regardé ce milieu avec une fascination hésitante. J’ai même cru qu’il brassait du vent en s’imposant aux saisons. Toute les dictatures de façade fascinent.

Heureusement, il est permis de regarder un tableau sans rien y comprendre ou d’apprécier un plat sans savoir cuisiner. Il suffit pour cela de faire confiance aux critiques.  En matière de mode, Didier Vervaeren fait partie de mes diapasons dans l’univers de la mode c’est belge.

On reconnaît « DV » – c’est ainsi qu’il signe ses courriels, toujours rédigés dans un français impeccable, toujours garnis de ponctuation – à son choix du noir pour s’habiller (une sorte de neutralité un peu radicale) et à sa casquette. Dans l’exercice de ses fonctions, Didier n’a pas d’histoire, n’a pas d’âge et c’est très bien ainsi.

Il m’est arrivé de croiser Didier Vervaeren dans l’un ou l’autre bar ou dîner en ville – et même sur d’autres ondes. Avec cette même réserve polie de celui qui ne pense pas avoir voix au chapitre.  Nous avons tous nos travers : qu’avons-nous à dire à ceux qui inventent, à ceux qui font autorité, nous qui n’avons que des questions à poser pour parler de nous-même ?

J’ai pourtant suivi son parcours depuis ce jour où il a dit : « Être bien habillé, cela ne veut rien dire. » Je pense que c’était à l’occasion d’une émission diffusée par Paris Première, il y a quelques années. Au fond, est-ce celui-là, le moment du déclic, celui où j’ai commencé à m’intéresser à ce qui se porte et aux couleurs que notre pays défend en la matière ? Grâce à lui ?

Une histoire inattendue

Comme moi, Didier est né près de Liège. Une vocation, la mode ? « Petit, j’observais ma première muse… ma marraine. Pourquoi la mode ? Peut-être aussi mon identité sexuelle ! Tout ça s’est imposé à moi. »

Didier a étudié la scénographie à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Liège, puis a rejoint la Cambre, en option stylisme et création.  Devenu styliste, au point culminant de la vague Dansaert du début des années 2000 (mais toujours caché derrière), Didier fonde avec son compagnon de l’époque, Xavier Delcour, la marque éponyme.  On les aime et on les déteste jusqu’à Paris.  Bruxelles et la vie leur sourient.  Puis la vie les sépare.

Suivront cinq années auprès de la maroquinerie Delvaux, dont il prendra la direction artistique comme on fait un bout de chemin ensemble. La vie de Didier Vervaeren se feuillette comme une série de chapitres (il en est conscient et se laisse porter).  Il sait ce que pourrait être le prochain, mais le futur ne lui donnera certainement pas raison.

Par défi et par goût, comme un accomplissement qui le rendra sérieux et plus que jamais crédible, Didier s’est improvisé commissaire d’une exposition qui a marqué Bozar en 2015, « Les Belges, une histoire de mode inattendue », un succès et aujourd’hui un livre écrit à plusieurs mains, chez Lanoo.

Depuis quelques années, ce « fashion gourou » belge – ils se comptent sur les doigts d’une main et, comme de bien entendu, ne se comprennent pas vraiment – enseigne dans l’école où il nous emmène, à la Cambre. Option accessoires. Un rêve qu’on lui a présenté sur un plateau d’argent. Comme ses collaborations médiatiques tous azimuts avec des journaux, la RTBF (notamment Pure), les Magritte du cinéma (BeTV) et dans « Tout s’explique » sur RTL TVI.

J’avais envie que Didier soit le premier invité à m’emmener sur les lieux du crime. Ce lieu, ce moment, ce hasard où les planètes s’alignent au-dessus de nous pour révéler notre code source. Je voulais que ce soit lui et il m’a dit oui. Parce que je savais, en l’observant de loin, que c’était un homme affable et singulier, un homme original et libre.

C’est ainsi à la Cambre, en plein cœur de la capitale, que notre première émission des « Lieux du crime » nous emmène, d’abord dans ce parc où des jeunes gens sont déjà prêts à refaire la mode. Puis dans les ateliers, situés Avenue Louise à Bruxelles.  Dans cet E01, Didier vous explique ce qu’il pense de l’élégance, pourquoi mode et musique sont indissociables, ce qu’est la belgitude et pourquoi Bruxelles est la ville qui l’a choisi (et qu’il a choisie).

C’est une première pour nous également. Nous improvisons tout (même nous-mêmes).  Pour vous emmener dans ces univers qui s’agitent autour de ceux qui ont choisi MiNT plutôt qu’une autre chaîne, des univers dont on aurait tort de se priver. Non, il n’y a pas que le football, les faits divers, les trois mêmes artistes qui tournent en boucle sur les plateaux et les livres de la rentrée que tout le monde lit. Il y a aussi un monde autour du prêt-à-filmer. Nous allons tenter de vous y emmener cette saison, à notre rythme, qui sera le leur.

La playlist pop rock de Didier Vervaeren

Il commente : «  5 titres seulement, c’est hardcore. J’ai vraiment choisi ceux qui tournent parfois en boucle dans ma tête, même sans musique. »

La citation

« Si vous portez des vêtements qui ne vous conviennent pas, vous êtes une victime de mode. Vous devez porter des vêtements qui vous font paraître mieux. »

Vivienne Westwood

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